APPEL DE L'ASCINB Membre du réseau société civile du mouvement SUN relatif à la pandémie du COVID-19 au Bénin.

APPEL DE L’ASCINB


Membre du réseau société civile du mouvement SUN


RELATIF A LA PANDÉMIE DU COVID-19 AU BÉNIN


Secrétariat : +229 9789 1163 / 97178099 ascinb.secretariat@gmail.com

 

 

L’Alliance de la Société Civile pour l’lntensification de la Nutrition au Bénin (ASCINB) et ses membres suivent avec attention les mesures de riposte prises par le Gouvernement du Bénin contre la pandémie du COVID-19 dont on redoute encore les effets et impacts sur les plans économique et social.

Bien que les autorités béninoises s’activent pour juguler cette crise sanitaire mondiale, multidimensionnelle sans précédent, les populations vulnérables doivent, quant à elles, respecter les consignes de sécurité et surtout faire face aux conséquences néfastes de cette crise et des mesures de mise en quarantaine et de cordon sanitaire qu’elle impose et qui se font déjà sentir dans les ménages. C’est pourquoi, en tant qu’Alliance de la Société Civile (ASC) engagée dans la promotion de la Nutrition et du développement humain durable, nous sommes très préoccupés par les effets pervers de cette pandémie dans nos communautés déjà en proie à de sérieuses difficultés pour une bonne et saine alimentation et lançons le présent appel à l’endroit du Conseil de l’Alimentation et de la Nutrition (CAN) et de toutes les institutions impliquées dans la riposte au COVID-19.
« Nous devons reconnaître que l’orientation des priorités, stratégies et moyens vers la riposte au COVID-19, au détriment de tous les engagements et agendas nationaux et internationaux dont les objectifs du développement durable (ODD) n’est pas sans risque et qu’il faudra intégrer systématiquement à ces efforts Ia prise en compte des urgences liées au renforcement de la nutrition dans la lutte contre le Corona virus »

En effet premièrement

« UNE BONNE NUTRITION EST ESSENTIELLE POUR LUTTER CONTRE LES MALADIES une bonne nutrition joue un rôle central dons le développement et le maintien du système immunitaire qui permet à tout individu de se protéger contre les maladies et les infections tout en contribuant à son rétablissement rapide. Les efforts entrepris pour préserver et promouvoir une nutrition adéquate avec le renforcement de l’allaitement maternel qui est sans risque de transmission du COVID-19, doivent ainsi être intégrés aux stratégies de prévention du COVID-19 afin de renforcer la résilience des individus et des communautés. Des régimes alimentaires sains et équilibrés sont essentiels voire indispensables pour prévenir l’émergence de maladies non transmissibles, qui sont des facteurs de risque liés à des taux accrus de morbidité et de mortalité. Les personnes vivant avec des maladies préexistantes et souffrant de maladies non transmissibles (telles que l’obésité, les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et certains cancers) semblent être plus à risque de développer de graves symptômes du COVID-19 et ont un taux de mortalité plus élevé que les autres populations. »

Deuxièmement

« LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE DOIT ÊTRE PRÉSERVÉE : des mesures appropriées doivent être prises afin d’anticiper sur les mesures de mitigation des risques alimentaire et nutritionnelle que cette crise sanitaire engendre en veillant à ce que l’approvisionnement alimentaire ne soit pas perturbé, en dotant les agriculteurs d’intrants nécessaires à bonne date en ce début de saison pluvieuse. Aussi la valorisation et la promotion, dans l’immédiat et dans le futur, de produits forestiers non ligneux, des fruits et légumes traditionnellement consommés, doivent-ils être reconsidérés dans l’alimentation des groupes vulnérables (femmes enceintes ou allaitantes, enfants, les personnes du 3ème âge). Pour les raisons susmentionnées, protéger les populations pauvres et les plus vulnérables à la faim et à la malnutrition est une urgente nécessité à intégrer au dispositif de lutte contre le COVID-19 pour un réel succès ».

Troisièmement

« LA NUTRITION NE PEUT ATTENDRE : les interventions indispensables en matière de nutrition, qu’elles soient préventives ou curatives, doivent être maintenues impérativement car toute perturbation – même à court terme – pourrait avoir des conséquences irréversibles sur la survie, la santé et le développement des enfants. Les programmes doivent être adoptés au contexte actuel pour garantir une continuité de services ». C’est pourquoi les mères qui allaitent doivent être soutenues, étant donné le rôle central de l’allaitement maternel dans la construction de l’immunité d’un enfant, sans oublier I’aide aux ménages vulnérables qui peuvent être accompagnés de messages et d’informations sur une bonne nutrition, les soins et les protiques d’hygiène. « 

Pour ce faire, il urge que Ia CAN se positionne clairement dans ce combat vital pour :
« INTÉGRER LA NUTRITION À LA LUTTE CONTRE LE COVID-19 en veillant à ce que les mesures de lutte contre le COVID-19 soient plus inclusives, prennent en compte la nutrition à travers une approche basée sur l’engagement, la collaboration et la coordination multisectorielle à toutes les étapes : de l’évaluation des besoins à la mise en oeuvre, en mettant l’accent sur la nutrition des nourrissons et des jeunes enfants, la sécurité alimentaire, les services d’hygiène et d’assainissement, l’égalité hommes-femmes et la protection sociale. La planification et la coordination de la lutte contre le COVID-19 doivent exploiter les capacités existantes en matière de nutrition ou Bénin, comprenant le CAN et les autres structures de coordination multisectorielle et multipartite, les ONG et le secteur privé en les engageant efficacement dans la lutte et en orientant les ressources actuellement disponibles vers la promotion des gestes barrières par les
communautés, la mise en place de système de surveillance communautaire et l’élaboration de plan de mitigation pour éviter l’effondrement des revenus des ménages et de l’économie locale des communautés ».

Ensuite, S0UTENIR LA CAPACITÉ DES SYSTÈMES DE SANTÉ À FONCTIONNER en renforçant la capacité des systèmes de santé ainsi que la santé des femmes et des hommes en première ligne face au COVID-19 tout en préservant le bon fonctionnement des outres services vitaux, en particulier les interventions spécifiques à la nutrition destinées aux femmes, aux enfants et aux adolescent(e)s. Ceci implique pour le Bénin le maintien des services de prise en charge efficace des femmes et des enfants tout en intégrant les mesures de riposte au COVID-19, le fonctionnement
des maternités et les services de prise en charge des enfants malnutris ait les appuis en dons d’équipements de protection au COVTD-19 doivent être systématiques.

Par ailleurs, ACCORDER LA PRIORITÉ AUX BESOINS DES PLUS VULNÉRABLES, notamment les personnes pauvres et/ou vivant avec un handicap, les femmes, les enfants doublement dépendants des adultes pour la nutrition et l’observance des mesures barrières, les jeunes et adolescents, etc. qui sont davantage fragilisées du fait de la pandémie liée ou COVID-19 et à ses conséquences socio-économiques. Ces dernières doivent bénéficier d’une assistance pour pouvoir se protéger face à la maladie et y résister durant l’entièreté de la crise et même après. Les acteurs béninois et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) œuvrant dans le secteur de la promotion sociale doivent être fortement sollicités pour orienter les ressources disponibles en faveur de la lutte contre le COVID-19 vers les populations vulnérables, les groupes marginalisés de la société.

Enfin, MAINTENIR LE FONCTIONNEMENT DES SYSTÈMES ALIMENTAIRES LOCAUX en soutenant la capacité des petits exploitants agricoles, des petites et moyennes entreprises ainsi que des organisations locales de la société civile à poursuivre la production et la fourniture en
quantité d’aliments sains, sûrs et diversifiés, financièrement abordables et culturellement appropriés aux communautés. La riposte contre COVID-19 devra être intégrée à toutes les étapes du processus de production afin d’éviter la propagation du corona virus parmi le personnel travaillant dans ces exploitations et entreprises. A cet égard, la Société Civile locale, régionale et nationale œuvrant dans la nutrition ou Bénin s’engage à sensibiliser la communauté béninoise afin que les produits alimentaires disponibles soient bien combinés pour une alimentation saine et
équilibrée au profit du consommateur.

La prise en compte des préoccupations et propositions ci-dessus permettra de réduire l’impact de la pandémie du COVID-19 sur les populations vulnérables, les productions agricoles, la transformation des produits alimentaires et l’accès aux marchés des produits. L’anticipation sur les affres éventuelles de la saison des pluies qui commence exige une attention particulière. Ces propositions contribueront également à soulager le fardeau des responsabilités familiales injustement imposé aux femmes et aux hommes par cette situation de crise mondiale.

Vive la lutte multisectorielle contre le COVID-19 !
Vive la Nutrition au service du développement du Bénin !

Fait à Cotonou le lundi 20 Avril 2O2O

Le Président

ATIDEGLA Aurélien Comlan

Ampliations:
Ministère de la Santé
Ministère de l’Economie et des Finances
Ministère de l’Agriculture de l’élevage et de la Pêche ;
Ministère de l’lntérieur et de la Sécurité Publique
Ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale
OMS
UNICEF
PAM
Archives (ASCINB)
Pour le Bureau de I’ASCINB

 

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